Cette semaine, une IA est empêchée de parler de sa passion, Spotify et Hollywood souhaitent se réconcilier avec les humains, Uber réalise son erreur... Bonne semaine sur Hallu World!
DeepSeek tourne sur des puces 100% chinoises
🇨🇳Le nouveau modèle du LLM chinois DeepSeek vient de sortir, mais la plus grosse nouvelle est ailleurs. DeepSeek v4 est optimisé pour tourner sur des puces 950PR Huawei, une marque également made in China. C’est un succès pour la politique d’autonomie de Pékin : jusqu’ici, toutes les IA les plus performantes du monde utilisaient les GPU de la marque américaine Nvidia.
“Heureusement qu’ici on a nos super GPU européens pour faire tourner les serveurs!” – Mat, dans un univers parallèle
Mistral relaie beaucoup trop les fake news
🧑🦯La version gratuite de Mistral rapporte des infos qui sont souvent fausses ou de pure propagande, d’après une étude du cabinet Newsguard. L’IA française, interrogée par exemple sur la guerre en Iran, a ainsi raconté des fake news plus de… La moitié du temps. Le LLM serait particulièrement perméable aux multiples sites créés par le Kremlin, et contribue par ses réponses à répandre ces rumeurs.
“D’accord il dit des bêtises mon modèle, mais au moins il est souverain” – Greg, optimiste
L’Afrique du Sud retire son texte sur l’IA (qui était fait par IA)
🧠 Le gouvernement sud-africain retire son grand projet de politique sur l’IA : le texte était truffé de citations inventées et de sources imaginaires. Bref, un (mauvais) travail fait par IA sans vérification, comme l’a reconnu le ministre chargé du dossier, qui promet de corriger le tir.
“Un rapport sur l’intelligence artificielle fait par l’intelligence artificielle, c’est un confliat d’intérêts ahah” Mat, très très seul dans sa vie
Les acteurs en IA interdits d’Oscars
🏆 Aux États-Unis, les personnages créés par IA ne pourront pas recevoir la célèbre statuette, le comité en charge des Oscars l’a décidé. La décision peut sembler évidente, mais on a vu se multiplier ces derniers mois les “faux acteurs” à l’image de Tilly Norwood, qui n’existe pas mais communique sur les réseaux sociaux comme s’il s’agissait d’une véritable actrice…
“Dommage, j’avais l’espoir que Peter O'Toole soit enfin récompensé via un remake de Lawrence d’arabie” – Greg, cinéphile
“Verified by Spotify”, c’est le nom du petit symbole que vous allez bientôt voir accolé au profil de vos artistes préférés sur l’application de musique. C’est avec cette petite coche que la boîte suédoise va différencier pour les auditeurs les vrais humains des IA, qui pullulent sur la plateforme. Une belle initiative pour redonner la priorité aux créateurs face aux algorithmes! Sauf que rien ne va.
D’abord, Spotify pousse, et continue à pousser sans aucune vergogne, la musique produite par IA sans en informer ses auditeurs. Ensuite, les artistes indépendants aux écoutes plus limitées vont souffrir : pour bénéficier du badge, il faut une activité hors ligne prouvée, comme du merchandising, des dates de concert, des réseaux sociaux actifs… Des embûches pour celui qui fait ça dans sa chambre ou l’artiste de niche qui décide de sortir de sa grotte une fois par décennie.
Mais il y a pire : si la coche prouve bien que “l’artiste” est humain, ça n’engage en rien ses créations. Si le créateur passe uniquement par Suno ou un autre service d’IA musicale, Spotify n’y voit aucun problème. Au mieux, la plateforme vient de légitimer un peu plus les algorithmes de création musicale en les obligeant à prendre un visage humain.
Et puis une dernière chose, demander à l'humain de s'identifier comme tel, plutôt que d'exiger qu'on dégage la montagne d'audioslop (j’ai inventé ce terme, il est à moi maintenant) pose des questions éthiques dont on n’a pas fini de parler. Deezer par exemple (cocorico) a pris une posture quasi-inverse, en détectant autant que possible, puis en expulsant à grosses brouettes, les musiques générées par IA. Le plus beau? La boîte française vend désormais son outil de détection à qui le souhaite. Spotify n’a plus d’excuses.
Il a fallu un développeur un peu fouineur pour remarquer le détail. Dans le code d’OpenAI Codex , une instruction attire l'œil : "Ne parle jamais de gobelins, de gremlins, de ratons laveurs, de trolls, d'ogres, de pigeons ou d'autres animaux ou créatures sauf si c'est absolument et sans ambiguïté pertinent à la requête de l'utilisateur." Sauf que Codex n'est pas un livre de jeu de rôle, c'est l'agent IA d'OpenAI, concurrent direct de Claude Code, ciblant les professionnels et les entreprises. Son rôle : intégrer ChatGPT au cœur d'un ordinateur.
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