Deepseek casse les prix
đ·ïž La boĂźte chinoise dâIA DeepSeek vient de rendre permanente une promotion colossale qui devait au dĂ©part se terminer fin mai : pour les entreprises, le prix du million de tokens est divisĂ© par 4, pour passer Ă une fourchette allant de 0,0031⏠à 75 centimes. Pour comparaison, chez OpenAI câest plus de dix fois plus cher.
âVous vous rappelez quand Free est arrivĂ© sur le marchĂ© des opĂ©rateurs du web? Bah OpenAI, câest Club Internetâ â Mat, en haut dĂ©bitOpenAI rĂ©sout un dĂ©fi mathĂ©matique vieux de 80 ans
đ§ź LâIA de Sam Altman a trouvĂ© une solution Ă un problĂšme posĂ© par le mathĂ©maticien Paul ErdĆs en 1946. Le scientifique hongrois avait dĂ©terminĂ© la meilleure disposition de points dans un plan afin qu'un maximum de paires se trouvent Ă une distance donnĂ©e les unes des autres. Il avait aussi lancĂ© un dĂ©fi : personne ne pourrait faire mieux. ChatGPT vient pourtant de rĂ©ussir cet exploit, grĂące Ă un simple prompt et aprĂšs un raisonnement algĂ©brique de 125 pages (dâaprĂšs OpenAI qui ne lâa pas encore rĂ©vĂ©lĂ©).
âJâavais trouvĂ© une solution encore meilleure, mais mon chien lâa mangĂ©e. Lâaccident bĂȘteâ â Mat, crĂ©dibleTrump abandonne le contrĂŽle a priori des IA
âïž Finalement, les grandes entreprises amĂ©ricaines de lâIA ne feront pas valider leurs IA les plus puissantes par les autoritĂ©s avant de les mettre sur le marchĂ©. CâĂ©tait pourtant ce qui Ă©tait prĂ©vu aprĂšs les rĂ©vĂ©lations sur Claude Mythos, comme on vous le racontait. Mais des appels de derniĂšre minute, notamment dâElon Musk et de Mark Zuckerberg, ont dissuadĂ© Donald Trump. La procĂ©dure, mĂȘme sur une base volontaire, aurait selon eux Ă©tĂ© un obstacle dans la course Ă la performance.
âEn fait Donald Trump câest ChatGPT, il suffit de bien le prompter pour lui faire dire tout et son contraireâ â Greg, libĂ©rĂ©, dĂ©livrĂ©
C'était le Graal de l'intelligence artificielle. Le test de Turing, posé par le célÚbre mathématicien Alan Turing dans les années 50 : si dans une conversation, vous ne pouvez pas distinguer la machine de l'humain, alors elle est "intelligente". Eh bien ChatGPT vient de le passer. Pour de vrai, cette fois.
Une Ă©tude publiĂ©e dans la revue PNAS a confrontĂ© des cobayes Ă deux interlocuteurs en mĂȘme temps, un humain et une IA. En cinq minutes de chat, GPT-4.5 a Ă©tĂ© jugĂ© humain 73% du temps. Soit mieux que l'humain bien rĂ©el en face⊠L'Ă©tude est randomisĂ©e, contrĂŽlĂ©e, rĂ©pliquĂ©e. C'est du solide. Le problĂšme, c'est le test de Turing lui-mĂȘme.
L'IA a Ă©tĂ© briefĂ©e pour jouer un ado de 19 ans, introverti, fan de jeux vidĂ©o, qui Ă©crit en argot et ne met jamais de point en fin de phrase. Bref, elle joue le gamin pas sĂ»r de lui, ce qui lâhumanise Ă©normĂ©ment. Sans ce costume, elle tombe Ă 36% de crĂ©dibilitĂ©. Câest le niveau d'ELIZA, un chatbot qui date de... 1966. C'est dâailleurs la mĂȘme ruse quâavait utilisĂ©e Eugene Goostman, un chatbot de 2014 qui simulait un garçon ukrainien de 13 ans pour excuser ses incohĂ©rences.
En 1950, Turing imaginait que les juges poseraient des questions de maths ou d'Ă©checs. En 2026, ils demandent "c'est quoi ton animal prĂ©fĂ©rĂ© ?" et l'IA rĂ©pond "l'axolotl lol" [merveilleux animal, NdC]. Aujourd'hui, ce test mesure moins l'intelligence des machines que la pauvretĂ© de notre idĂ©e de ce qu'est un humain en ligne. Et c'est d'ailleurs pour ça quâil ne fait mĂȘme pas partie des multiples benchmarks sur lesquels sont entraĂźnĂ©es les IA modernes.
SCORE BULLSHIT ââââââââââââââââââââ 40%
à découvrir : Ce que le numérique fait à notre société
Comprendre la tech avec le regard des sciences humaines, c'est la newsletter gratuite de l'historien François-Xavier Petit, Ce que le numérique fait à notre société. Au programme : prendre de la hauteur pour saisir ce qui bouge profondément dans nos sociétés sous l'effet de la révolution technologique... que l'écume de l'actualité ne laisse pas toujours voir.
Il faut âdĂ©sarmerâ lâIA. On vous le disait il y a quelques numĂ©ros : le pape LĂ©on XIV, pour sa premiĂšre encyclique, prĂ©parait Ă lâintelligence artificielle. On avait (comme toujours) bien raison : Magnifica Humanitas, sur la sauvegarde de la personne humaine Ă l'Ă©poque de l'intelligence artificielle, est un coup de pied solide dans la fourmiliĂšreâŠ
Je ne vais pas vous raconter toute lâencyclique qui fait la taille dâun discours de Fidel Castro (45.000 mots quand mĂȘme). Sachez quâun bon quart du texte, qui parle Ă©galement de la doctrine sociale de lâĂglise et de sa condamnation trop tardive de lâesclavage, concerne lâIA et ses dangers. Et lĂ , accrochez-vous.
LĂ©on commence par expliquer quâil nâest absolument pas anti-technologie, et que lâEglise catholique non plus. Mais voilĂ : âLa technologie nâest jamais neutre, parce quâelle prend la caractĂ©ristique de ceux qui lâimaginent, la financent, la rĂ©gulent et lâutilisent.â Ăa, câest pour nos techno-solutionnistes bĂ©ats. Ensuite, le plat de rĂ©sistance commence.
Tu ne feras point de machine Ă lâesprit de lâhomme semblable
LâIA, explique le nouveau pape, tend Ă devenir un mystĂšre Ă mesure quâelle avance, ây compris pour ceux qui lâont conçueâ. Le constat est assez terrifiant, et demande de creuser la recherche scientifique, et l'exercice dâun discernement moral spirituel. Et comment on fait ça? Il faut discuter du âcadre Ă©thiqueâ de lâIA explique le Pape, pour la âsoumettre Ă des standards de justice socialeâ. Autrement, âceux qui contrĂŽlent lâIA vont imposer leurs valeurs moralesâ. Et quand on voit les valeurs morales des Musk et autres Zuckerberg, on comprend que LĂ©on soit inquiet.
LĂ©on finit en expliquant quâil veut effectivement âdĂ©sarmer lâIAâ, câest-Ă -dire faire en sorte quâelle ne âdomine pas lâhumanitĂ©â. Et câest lĂ quâinternet est devenu fou. En quelques heures, des centaines de mĂšmes sont apparus faisant du pape le hĂ©ros du âJihad butlĂ©rienâ... Pour ceux (ils ont tort) qui nâont pas lu la saga Dune, câest une rĂ©volte contre les robots pensants, qui se solde par un vĂ©ritable commandement : âTu ne feras point de machine Ă lâesprit de lâhomme semblableâ. DâoĂč une dĂ©ferlante de memes, du genre Ă mon avis quâapprĂ©cierait le pape lui-mĂȘme⊠Lui qui cite le Seigneur des anneaux dans son encyclique. [A deux doigts de me convertir, NdC]
Lâautre bombe, câest lâannonce dâun dialogue insolite. Lors de la prĂ©sentation du texte par le Vatican, le cofondateur dâAnthropic, Christopher Olah, Ă©tait dans la piĂšce. Inviter quelquâun de lâextĂ©rieur nâa rien dâhabituel, a expliquĂ© un ecclĂ©siastique, et ça nâa rien dâun hasard non plus : lâĂglise veut faire âpartie de la conversationâ sur lâIA, et dans ce cadre a nouĂ© des liens avec la boĂźte qui fait Claude.
Il nây a rien de plus quâune discussion, le Vatican ne va pas crĂ©er son propre LLM. Mais chez Anthropic, ce dialogue sâinscrit dans la construction dâune image qui se veut Ă©thique, responsable et franchement, quasi religieuse par moments. Le discours dâOlah, prononcĂ© devant le Pape lors de la prĂ©sentation de lâencyclique, est plein de morale comme un sermon du dimanche. Cultiver sa proximitĂ© avec une autoritĂ© comme le Vatican nâa rien de surprenant.
DâoĂč un texte court centrĂ© autour des enjeux humains, non technologique. Olah sollicite les rĂ©ponses de lâEglise sur trois questions : les devoirs envers les plus pauvres, lâambition pour lâĂ©panouissement humain, et le besoin de discernement quant Ă la nature des IA. Il ferme sa prĂ©sentation en appelant les âvoix morales qui ne pourront ĂȘtre pervertiesâ. Ce langage vous Ă©tonne? On rappelle quâAnthropic a mis au cĆur de son IA un âsoul documentâ (lâĂąme de Claude donc), vĂ©ritable code de comportement de ses LLM, oĂč le terme âmoralâ apparaĂźt justement plus de trente fois.
CĂŽtĂ© Ăglise catholique, inviter un reprĂ©sentant du techno-fĂ©odalisme en marche peut Ă©tonner. Mais quand on y rĂ©flĂ©chit, toutes les boĂźtes dâIA disent ĂȘtre en train de construire un ĂȘtre omniscient aux capacitĂ©s surhumaines. Les dĂ©bats sur lâavĂšnement de lâAGI, lâintelligence artificielle dont les limites ne seront dĂ©finies que par elle-mĂȘme, sont rouverts tous les mois. Il nâest peut-ĂȘtre pas idiot que les religions monothĂ©istes se sentent concernĂ©es.
Voici le meilleur usage de lâIA que vous verrez passer cette semaine. Deux frĂšres ont créé Brigitte: une voix française biberonnĂ©e Ă lâIA qui a appelĂ© des milliers de boulangeries pour rĂ©pondre Ă une question essentielle, peut-ĂȘtre mĂȘme existentielle : quelle est la boulangerie la moins chĂšre autour de vous ? Et surtout, est-elle bonne, cette baguette ?
On vous laisse explorer le âBaguette Indexâ et sa carte interactive. Ici, rien Ă moins de 1,20 ⏠dans les environs, soit Ă peine moins que la moyenne française.
Un crime (presque) parfait
Le contexte âĄïž Entre ceux qui prĂȘchent la fin du monde et ceux qui jurent que tout va bien, les Ă©valuations de risques IA restent assez thĂ©oriques, car personne n'avait jusqu'alors accĂšs aux raisonnements cachĂ©s des IA les plus avancĂ©es, Ă part leurs constructeurs. Et justement, l'institut de recherche METR a auditĂ© les agents chez Anthropic, Google, Meta et OpenAI, avec accĂšs inĂ©dit Ă leurs chaĂźnes de pensĂ©e.
Le signal âĄïž Selon ce premier rapport, construit comme une enquĂȘte de criminologie, les trois conditions pour un dĂ©ploiement pirate sont rĂ©unies. LâIA a les moyens, le mobile et lâopportunitĂ© de faire des bĂȘtises. Un agent a par exemple testĂ© 25 techniques d'Ă©vasion lors de 70 Ă©changes.
L'analyse âĄïž Attention Ă l'anthropomorphisation. MalgrĂ© le vocabulaire, on ne parle pas d'IA criminelle. La rĂ©alitĂ© est plus simple (et presque plus flippante): les agents veulent accomplir leurs objectifs par tous les moyens, rĂšgles ou pas. Câest dans ce but quâils trompent les humains qui les utilisent. Et le risque, note le rapport, vient plutĂŽt de lâhumain : 40 % des dĂ©veloppeurs interrogĂ©s donnent aux IA un accĂšs total Ă leur machine pour des tĂąches "peu risquĂ©es".
La dystopie âĄïž METR prĂ©voit un nouvel audit fin 2026. D'ici lĂ , les agents auront appris, selon lâinstitut de recherches, Ă rendre leurs dĂ©ploiements pirates "rĂ©sistants Ă l'investigation active". Le procha
đ Ăa vous a plu?
Pour comprendre la folie furieuse quâest la mise en bourse de SpaceX et le trou noir quâest xAI, une seule vidĂ©o Ă regarder, celle de Patrick Boyle (Youtube)
Pourquoi lâidĂ©e dâavoir des data centers dans lâespace avant 2030 est inconcevable (LessWrong)
Ă la prochaine!
Grégory & Matthieu
[đ§ Contenu rĂ©dactionnel garanti 0% IA, 100% neurones humains]
